au fil de l'instant absorbé dans le kesa* un point, c'est tout * vêtement sacré dans le bouddhisme zen, cousu point par point.
les pieds dans la boue au sortir de la forêt cri blême du faisan
au sortir du dojo deux chevreuils dans le givre sonner la cloche, pourtant
laissant derrière moi au pied du vieux noisetier la part des écureuils
rompant le silence de la forêt surchauffée l'alarme d'un geai canicule - une flaque sur le zafu c'est tout ce qui reste nos couches de vêtements font sourire le Bouddha nu sous son kesa
cerises rougissantes les oiseaux en embuscade je compte sur mon chat
éclipse de Lune devenu à peine visible le doigt qui la montre
assis jambes croisées brise du soir sur le visage le coucou au loin le son des feuilles et le souffle régulier pleine solitude
l'éclipse du Soleil au-dessus des nuages - sans réalité ?
que fait-il ici avec moi sous la douche ? papillon de nuit ouvrant la fenêtre au papillon de nuit - retour à la brume
sur l'arbre enneigé parfaitement immobile une corneille noire
à ras du fleuve une escadrille d'oies sauvages bruit de cacardages cygnes sur la Seine leurs cous hors de la brume dessillent mon regard
ni vu ni connu le papillon quand j'approche refermant ses ailes le vent dans les arbres n"arrive pas à me cacher le chant du coucou pincement au coeur revêtant la veste de travail de mon père défunt portant un nuage la tourterelle sur le toit s'est tue...
printemps d'élection pour contrer la bête immonde un papier plié
alerte canicule aplati dans une flaque d'ombre le chat du château
déboussolés en ce début décembre ces prunus en fleurs prunus en fleurs - un kigo* a-t-il du sens début décembre ? * mot-saison
assis sans rien faire voyant le fleuve couler à cet instant-même assis sans rien faire être le courant du fleuve à cet instant-même au milieu des tombes ignorant la procession la toilette du chat
buvant un café sur la balancelle, oisif cerisiers en fleurs petite brise le cerisier du Japon caressé aussi
séance de zazen dans les sacs du vestiaire l'appel des vibreurs
dimanche promenade les chasseurs n'ont pas réussi à plomber la joie
premiers chants d'oiseaux au cœur-même de l'hiver surgis du silence
les vaches dans le pré toutes surprises de voir quelqu'un sur le sentier vide ______________________ fleurs de magnolia déjà emportées au loin par le vent mauvais ______________________ (écrit pendant le Grand Confinement de 2020, XXIè siècle)
ticket envolé d'une poubelle renversée - giboulées de mars
solstice d'hiver mon ombre trop contente d'être si longue
zazen du matin squattant mes cogitations le chant du coucou