cinq heures du matin protestations des chouettes aux sons du maillet * * On frappe un panneau en bois avec un maillet pour appeler à venir au zazen
sous la pluie d'automne la nuit presque terminée l'appel des hulottes
tranchant mes pensées le pivert multicolore j'étais égaré
dans la forêt blanche loin de toutes les rumeurs - le pic épeiche
avec mes bâtons passant parmi les troupeaux en marche normande
au banquet des vieux première invitation - ça sent le sapin
climat déréglé prunus en fleurs fin novembre kigo* impossible * Mot ou expression qui indique la saison, dans les règles du haïku.
vieille clé rouillée dans la terre du sentier celle des champs enfin ?
Pour information pour ceux et celles qui ne connaissent pas l'ancien blog, à lire en attendant de nouveaux haïkus : http://sojoluc.blog.lemonde.fr/
bouddha sur l'autel et son ombre sans limites en un seul regard
au zazen du soir je ne m'entends plus penser - chant des grenouilles
le froid en pause sur le front de mon père mort par mes lèvres chaudes
assis face au mur multiples reflets changeants dans un miroir vide
assis face au mur seule reste la présence sans besoin de moi vent dans les arbres ombres mouvantes sur le mur le temps suspendu
contre le carreau face à l'ennemi fictif la fauvette s'épuise laissé tranquille par la tondeuse magnanime l'unique coquelicot
ses fruits encore verts sur la mer des boutons d'or le vieux cerisier
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perdus dans la brume le forsythia me demande s'il y va ou non
au son du ressac les pieds dans le sable chaud merci à l'instant
avion de ligne grignotant par la pointe un croissant de lune
coronavirus les pâquerettes nouvelles pas de confinement
un écureuil roux grimpant et sautant sans cesse mon regard avec
bercé par les feuilles caressé par la brise sieste sous le tilleul
étrangeté - tous ces morts dans le poste et les grives dehors
coronavirus les pâquerettes nouvelles n'en ont rien à faire